ROXANE

Pull: Pull & Bear. Tee-shirt: Steam (une amie!). Photos: Corinne Stoll

Roxane Lucas a 18 ans et c'est l'une des figures prometteuses de la scène longboard en France. Compétitive depuis l'enfance, cette sportive accomplie qui a pratiqué le running, l'équitation, la gym, l'escrime et l'escalade, applique la rigueur qui la caractérise à cette discipline californienne souvent décrite comme une discipline de filles par le milieu du skate et qui est pourtant physique et exigeante, autant que fun.

 

Inside/Out: Quel est le premier sport que tu as pratiqué?
Roxane: J’ai tout d’abord fait de la GRS (gymnastique rythmique et sportive) vers l’âge de 6-8 ans et de l’équitation jusqu’à peu. C’était un peu plus une décision de mes parents que la mienne mais cela ne m’a pas empêcher d’aimer ça, la rigueur a depuis longtemps été un de mes points forts.

I/O: Et le premier dans lequel tu t’es trouvée?
R: J’ai vraiment touché à pas mal de sports que cela soit la gym, l’escrime, l’escalade mais il y en a vraiment deux qui m’ont vraiment marquée et qui continuent de m’animer : le running et le longboard. A l’âge de 12 ans j’ai commencé à courir des distances de 2 à 3 km en compétition, jusqu’à aller au championnat de France avec mon équipe de fille, durant mes années lycée. Ce sport demande un dépassement de soi et une volonté à toute épreuve. Quel sentiment incroyable à chaque fin d’entraînement! Mais, j’ai découvert l’année dernière, le sport qui a chamboulé mon amour pour la course à pied : le longboard. Le longboard dancing a été inventé par les surfeurs californiens en manque de vague. Ils ont simplement fixé des trucks et des roues de skateboard à une planche de surf. Par la suite ça a donné le longboard grand et large que l’on connait aujourd’hui. Le but est de se déplacer sur la planche de la manière la plus fluide et naturelle possible tout en faisant des tricks. J’ai découvert ce sport par le biais de la DockSession, un rendez vous hebdomadaire créé par Lotfi Lamaali sur Paris dans le but de rassembler et de faire grandir la communauté des longboardeurs. Ce sport exige autant de volonté et de dépassement de soi que le running. Mais ce qui m’a plu c’est l’aspect créatif, que le running n’a pas. Sur ma planche je suis libre et je crée mes propres combinaisons de pas ou de tricks (figures). Chaque style est unique.

I/O: As-tu une figure sportive de référence?  Un/Une sportif/ve qui t’a marquée?
R: Je ne dirai pas une figure en particulier mais plus un groupe de fille, le Longboard Girl Crew qui supporte les femmes dans le longboard. Elles ont vraiment été une inspiration pour moi et ont forgé une certaine vision de ce sport.

 

Lorsque je suis sur ma planche et que je danse au rythme de la musique, je me sens tellement bien. Peu importe le stress et mes états d’âme avant, une fois que je suis dessus, tout mon être se détend.

 

I/O: Est-ce que tu as déjà ressenti une émotion particulièrement marquante pendant ou après avoir skaté?  
R: Je pense à chaque nouveau trick que j’ai essayé et réessayé maintes fois. Ce moment où je le réussis est génial. Le longboard me permet réellement de m’exprimer. Lorsque je suis sur ma planche et que je danse au rythme de la musique, je me sens tellement bien. Peu importe le stress et mes états d’âme avant, une fois que je suis dessus, tout mon être se détend.

I/O: Est-ce que sortir de ta zone de confort t’aide à affronter le reste de la journée?
R: Il est vrai que lorsque je me dépasse, en me surprenant même parfois, forcément ça donne la pêche et l’envie de faire encore mieux la prochaine fois.

I/O: Comment trouves-tu ton équilibre travail / épanouissement personnel?
R: Cet équilibre est un peu difficile pour moi en ce moment étant donné que je suis actuellement en CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) et que ça nécessite beaucoup de travail. Disons que dès que j’en ai l’occasion je fais du longboard avec mes amis de la Docksession. Faire du longboard me permet de garder un équilibre mental autant que physique. Ça me fait du bien de sortir, de me dépasser et je profite des instants à 1000%.

I/O: Est-ce que tu pratiques d’autres sport en complément du tien? Si oui pourquoi?
R: Avec la pratique du longboard, j’ai dû faire un choix, et j’ai préféré laisser un peu le running de côté même si je n’ai pas totalement arrêté pour autant. J’ai toujours adoré danser! Je suis toujours la première sur la piste de danse ! Mais je dirai que de faire de la danse n’est pas indispensable pour faire du longboard.

I/O: Un mantra?
R: Tout est possible, ne lâche rien et donne tout pour ne jamais regretter.

Pull: Pull & Bear. Tee-shirt: Steam. Jean: Mango. Bonnet: Wasted. Chaussures: Supra. Montre: Casio. 

I/O: Comment définirais-tu le rapport au sport ou au bien-être pour la parisienne?
R: Le sport a pris une place importante pour les parisienne. Surtout au niveau du running et du fitness qui se démocratise de plus en plus surement avec la mode de la « fit girl » qui circule sur les réseaux sociaux. Dans tous les cas c’est agréable de pouvoir rencontrer plus de personne qui pratiquent ces sports. En plus de ça, cela permet de sortir se vider la tète, d'évacuer le stress de la vie parisienne.

I/O: Trouves-tu que le rapport au sport a changé à Paris, ces dernières années?
R: Le sport semble se démocratiser de plus en plus pour les parisiennes. Je trouve ça vraiment génial. Je pense que le fait de faire du sport forge un caractère et une certaine conception de la vie. Et je pense que cette conception est en train de se développer de plus en plus.

 

A la dernière DockSession, j’ai appris à une fille à faire le cross step, le premier pas de longboard dancing que j’ai réussi, exactement au même endroit. 

 

I/O: Et le rapport au skate? (On voit de plus en plus de kids de 5/6 ans dans la rue avec des pennys, de plus en plus de petites filles qui skatent.)
R: J’ai commencé à faire du Penny avant de commencer le longboard. C’est vraiment une mode, sûrement parce que ça se transporte partout. Je trouvais cela génial mais, c’était avant de connaître le longboard avec lequel il est beaucoup plus facile d’avancer et de progresser malgré ce que l'on peut croire. J’adore me balader dans la rue et rencontrer des enfants en longboard ou en penny. Durant l’été, j’ai animé une activité longboard/penny avec des enfants entre 8 et 10 ans, autant de garçons que de filles, et je n’ai eu que de bons retours. A la dernière DockSession, j’ai appris à une fille à faire le cross step, le premier pas de longboard dancing que j’ai réussi, au même endroit. Le rapport au longboard s’améliore et je suis prête à faire mon possible pour partager ma passion et faire en sorte que mon sport soit accepté et aimé par les parisiens en général, peu importe leur âge.

I/O: Paris est une ville qui plaît beaucoup à la communauté skate, pourquoi selon toi? Est-ce en terme d’architecture, pour le rapport intellectualisé de la ville à la culture et à l’image?
R: Paris c’est une ville magnifique, emplie d’art et de créativité, une véritable source d’inspiration. J’adore trouver de nouveaux endroits un peu originaux pour aller rider. Le skate, comme le longboard, a toujours été proche de l’art et de la culture. Cela se manifeste à travers des spots parisiens somptueux, je pense particulièrement au parvis du Trocadéro qui est un spot de skate depuis les années 70, près du Musée de l’homme, et qui donne directement vue sur la tour Eiffel.

I/O: Y-a-t-il un rapport avec l’attitude des parisiens?
R: Une partie des parisiens peut avoir un apriori sur le longboard, mais il suffit de se rendre sur les lieux où l’on pratique ce sport pour voir que les gens sont vraiment attirés par cette pratique. Les parisiens sont nos premiers spectateurs. Ils sont ouverts et aiment le spectacle.

I/O: Y-a-t-il des valeurs dans le skate qui sont particulièrement en adéquation avec la ville?
R: Tout dépend de la conception que l’on en a. Personnellement, je dirai que le longboard en ville a été le plus souvent adopté par les amoureux du surf en manque de glisse.

I/O: Comment perçois-tu l’évolution de la mode sportswear?
R: Le style skate est revenu à la mode. Je pense au succès de Vans ou au Nike SB qui sont très populaires chez les skateurs et les adeptes de la mode sportswear.

I/O: Le sport French Touch c’est quoi?
R: Le sport avec classe!

 

Je skate avec la DockSession où les filles sont mélangées aux hommes. Du coup je je n’ai toujours connu que les crew mixtes mais pourquoi ne pas essayer les sessions entre filles, je ne demande qu’à tester!

 

I/O: Ton vêtement de sport préféré?
R: Je dirais le bonnet quand je roule. Pratique et cool!

I/O: Ta marque préférée?
R: En terme de matériel, j’aime avoir une planche grande et bien large pour pouvoir bouger sur celle-ci sans problème, des qualités que je retrouve dans la Bhangra de chez Loaded.

I/O: Une astuce bien-être ou un produit indissociable de la pratique physique?
R: Je dirais de toujours avoir sur soi une bouteille d’eau. Je trouve ça super important, peu importe le sport.

I/O: Une coiffure adaptée au sport?
R: J’ai l’habitude de m’attacher les cheveux durant les entraînement plus intenses. Sinon je laisse mes cheveux détachés et je mets un bonnet.

 I/O:  Toute en noir de la tête aux pieds ou visible à 10 km?
R: La vie est plus belle en couleur! Je ne suis pas adepte du tout noir mais être trop tape à l’œil n’est pas mon genre non plus. Disons un juste équilibre entre les deux.

I/O: Y-a-t-il une destination skate sur ta liste de voyages à faire?
R: J’adorerais allez en Australie faire du longboard, surfer et visiter le pays avec mes amis! La DockSession s’est développée à l’international, notamment au Japon, en Espagne ou encore au Brésil et j’aimerais aller dans chacune de ces destinations à la rencontre de la communauté.

I/O: Est-ce que YouTube a changé ce sport et en si oui, en quoi?
R: J’ai découvert le Longboard Girl Crew par le biais d’une de leurs vidéos tournée à Madrid donc, oui, je pense que Youtube est un outil de promotion qui donne envie. Cela permet de faire connaître et mettre en avant le longboard à l’international.

I/O: Es-tu sensible à l’idée d’un nouveau féminisme? Penses-tu que les filles se soutiennent plus dans l’effort aujourd’hui et se dépassent ensemble?
R: Je vais encore citer le longboard Girl Crew mais ce sont vraiment les personnes qui me viennent tout de suite à l’esprit. Ces filles rassemblent et font la promotion des filles dans des sports d’action et surtout dans le longboard. Par le biais de leurs vidéos ou de leur initiations au longboard elles permettent de donner une autre vision de la femme faisant un sport d’action. C’est une cause qu'il me tient vraiment à cœur de promouvoir.

I/O: Est-ce que tu as un crew de filles avec lesquelles tu skate ou pas du tout? Si oui qu’est-ce que ça t’apporte?
R: Je skate avec la DockSession où les filles sont mélangées aux hommes. Je n’ai toujours connu que les crew mixtes mais pourquoi ne pas essayer des sessions entre filles, je ne demande qu’à tester!

I/O: Penses-tu que le milieu du skate soit en train de changer d’attitude par rapport aux filles? Trouves-tu qu’elles soient mieux acceptées?
R: Oui vraiment. Les filles sont facilement intégrées. Les garçons sont vraiment adorables avec nous. En tout cas dans le milieu du longboard, on est très bien acceptées.

I/O: Est-ce que le skate te donne l'impression d'appartenir à une communauté?
R: Que cela soit la DockSession ou le Longboard Girl Crew, le longboard m’a vraiment donné l’impression d’être rentrée dans une communauté, un sphère accueillante et joyeuse où le premier des mots d’ordre est le fun. 

I/O:  Est-ce un sport que tu te vois encore pratiquer dans 5 ans? Dans 10 ans?
R: Bien sûr ! Jusqu’à ce que mes jambes n’en puissent plus! C’est vraiment un sport qui me correspond. Je m’amuse, je rencontre de nouvelles personnes et je partage de superbes moments alors la question serait plutôt pourquoi arrêter ? Et toi, derrière ton écran quand est-ce que tu vas commencer à pratiquer?

Pull: Pull & Bear. Tee-shirt: Steam. Jean: Mango. Bonnet: Wasted. Chaussures: Supra. Montre: Casio. Sac à dos: Vans.

Conseils et bonnes adresses:

1 conseil pour obtenir les meilleurs bénéfices dans sa pratique: 1) Toujours y croire et ne jamais lâcher. 2) Il y a toujours quelque chose à améliorer, rien n’est jamais parfait, tout peut être encore plus fluide ou plus rapide. 3) S’AMUSER, je pense que c’est vraiment le principal.

1 playlist: Je change assez souvent de playlist mais disons que ça reste dans les tons de ElectroNOW et d'Indie pop! sur Spotify.

1 power song: Hips don’t lie de Shakira me donne toujours la pêche!

1 magasin: Loaded

1 park ou un spot: Le Trocadéro ou le Quai d’Orsay.

1 appli: Instagram où il est encourageant de poster des photos de sa progression. Le mien: @roxanelds

1 blog / site: La page Facebook de la DockSession pour être au courant des nouvelles sessions! 

1 boisson: Mon essentiel: l’eau.

1 inspiration: Le Longboard Girls Crew.

1 personne qu’on devrait interviewer: Le Longboard Girls Crew!